PS. Un essai à transformer
Et maintenant, le plus dur commence pour le Parti socialiste : mettre de côté les rivalités personnelles pour transformer la victoire en point de départ de la rénovation du parti. Avec un objectif : gagner en 2012.
Rester unis et jouer collectif : telle était la devise des socialistes, dimanche soir. Alors qu’on aurait pu s’attendre au lancement des hostilités pour le congrès, ni Ségolène Royal, ni Bertrand Delanoë, ni Martine Aubry n’ont affiché ouvertement leurs ambitions. A croire, qu’ils avaient entendu Jack Lang. L’ancien ministre de l’Education avait mis les choses au point en affirmant que « nulle faction, nulle personnalité (...) au sein du Parti socialiste n’était en mesure de revendiquer une telle conquête ». Le congrès à l’automne Ségolène Royal, qui a mené campagne ces derniè
res semaines autant pour les municipales que pour la tête du PS, a collé à la ligne du parti en sommant Nicolas Sarkozy de « changer sa politique ». Elle a quand même glissé qu’elle voulait « présenter aux Français un projet crédible, solide, cohérent ». Martine Aubry, qui a signé son grand retour sur la scène nationale grâce à sa victoire à Lille, s’est dite « candidate comme toujours au travail collectif ». Quant à Bertrand Delanoë, il n’a parlé que de Paris. Dray à l’attaque Cette image de relative cohésion a satisfait François Hollande. Le Premier secrétaire du PS, qui comptait sur une victoire pour partir en beauté, a réussi son pari. Hier, il s’est posé en patron, en indiquant qu’il n’avancerait pas le congrès prévu à l’automne. Reste à savoir combien de temps vont durer ces bonnes intentions. Hier soir, Julien Dray avançait déjà ses pions. « Je corresponds d’après moi à ce dont a besoin aujourd’hui la direction du PS en terme d’animation d’équipe, de construction », a-t-il déclaré. « La priorité, c ’ est faire du PS une formation politique moderne, qui ne soit pas seulement un parti d ’ élus » , a -t-il ajouté. « Je ne dis pas que je suis l ’ homme idéal , mais il me semble qu ’ à ce stade-là, si on tranchait la question présidentielle , on risquerait de créer des blessures qui nous paralyseraient par rapport à un travail de rénovation qui est nécessaire » . Un avis partagé par Michel Rocard. L’ancien Premier ministre s’est prononcé pour un « premier secrétaire intérimaire ». Ne pas refaire l’erreur de 2004 S’il a enregistré un succès dimanche, le PS ne doit pas refaire l’erreur de 2004 : s’endormir sur ses lauriers après son triomphe aux régionales. François Hollande en est conscient. « Je suis fier d’être le parti qui gagne les élections locales, mais je suis conscient que cela doit être un levier et non une fin en soi », a-t-il déclaré. Le PS a donc du pain sur la planche. Il doit à la fois rénover un projet qui n’a pas convaincu en 2007 et résoudre son problème de leadership. Enfin, la question des alliances doit être tranchée. Alors que Ségolène Royal prône un accord avec le MoDem, la majorité du PS s’y refuse. Martine Aubry a déclaré, hier, « qu’elle n’était pas pour, systématiquement ». Autant de questions stratégiques, et non résolues par la victoire de dimanche.
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François Hollande entend rester le patron, jusqu’à l’automne. Il a indiqué, hier, que le congrès ne serait pas avancé.
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